Et voilà. J'en suis réduite à ça. Moi!
L'ado rebelle mais pas trop, amoureuse de son vélo laisse place à la mère de famille très rebelle, amoureuse de sa nouvelle surjeteuse. Et pour cela je dois vendre mon âme au diable, ou plutôt mon vélo collector dont tout le monde rêve et qui sommeil dans ma cave depuis des lustres.
Mais vous savez ce que c'est, vous les filles. Mon mari ne comprend pas pourquoi je garde cette vieille paire de pompes usées qui ne me va plus et qui croupi dans le fond de mon tiroir à chaussures. Inutiles, certes, mais réconfortantes, symbole d'une période de ma vie ou j'avais ... merde ... super mauvais goût en fait. C'est quoi ces horreurs en skaï noir lustrées impressions mi-bandana mi-santiagues? Bon bref, là n'est pas la question. Mon vélo c'est d'un autre niveau. D'un niveau où tous les mecs normalement constitués (sauf le mien of course) m'arrêtent dans la rue non pas pour mon beau cul (jadis hein on s'entend) mais pour m'offrir des sommes astonomiques (hé oh j'ai dit pas pour mon cul, vous allez pensez quoi???) pour m'acheter ma bécane de compèt'.
En plus d'être belle ma bicyclette, elle a un passé. Un lourd. Elle vit le jour pour le 700ème anniversaire de notre vieille Confédération Helvétique. Puis passa sous les fesses impériales de mon beau-père (lui passé 43 balais il a toujours le même cul d'enfer... vive la maternité qu'ils disaient!) et ses courses de VTT, pour finir contre une montagne très dure et très coupante sous mes coups de pédales aléatoires et anecdotiques.
Aaaah oui, que de chutes, que de gnons, que de bleus, que de cheveux givrés sous la pluie glacée d'hiver, que de pavés glissants sous la neige, que de coulures de sang après la rencontre avec un trottoir inopportun, que de croutes, que de lèvres à la Pamela Anderson après une chute sévère à l'entrée d'une autoroute, que de maladresse qui finissent en périeu avant avec au réveil un vieil italien qui me demande si "tutto va bene signiorita?". Le bon vieux temps quoi.
Et puis maintenant le temps est venu pour moi de lui dire adieu. Ca me fend le coeur, ça me pourri les neurones, mais voilà. Ma princesse à besoin d'un vélo où elle pourra prendre place à l'arrière de mon gros fessier et bon dieu de crénon vindiou une croute banale ça coûte la peau dudit cul. Et si seulement cette peau je pouvais la vendre sur Ebay, passe encore, mais non, elle vaut rien cette bougresse. Alors mon deux roue adoré se fait la belle pour que je puisse offrir à mes 31 ans le cycle qui leur va bien au teint, celui avec un cadre de ville, pour femme (sic), rouge si possible, avec un petit panier en osier de grand-mère pour faire mes courses avec ma greluche, et ce fameux trône de bébé qui vaut un bras, et ce casque qui préservera la beauté et la vie de ma douce Emilie quand on ira à la piscine municipale.
Il fait triste de vieillir, il fait bon d'évoluer. Dur dualité, au revoir vieux souvenirs, bonjour les nouveaux.
Vive le S'Bike, le S'Bike est mort :'(
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